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Les accros du jeu


Quelqu’un parie aux courses, organise des "soirées poker", raffole du casino et remplit tous les jours ses poches de black jack, banco, tacotac, et autres tickets de grattage ? Jeux d’argent et jeux de hasard, il les connaît tous, et toutes ses économies y passent. Est-il pour autant un joueur pathologique ? Jusqu’où ira t-il ?

Dans un premier temps, il faut bien comprendre ce que signifie un joueur pathologique. On estime que le jeu pathologique touche 2 à 3% des adultes et qu’il s’agit d’une problématique surtout masculine. Le joueur rechercherait, par une forme d’autopunition compulsive, à résoudre l’ambivalence envers l’enjeu, démarche comparable aux autres formes d’addiction. Cette addiction est intimement liée à une comorbidité importante (dépression, personnalités antisociales, usage de drogues et d’alcool, troubles alimentaires…). En général rien ne laisse prévoir qu’un joueur est totalement et indubitablement dépendant du jeu qu’une fois qu’on commence à remarquer la disparition de certains objets de la maison revendu ailleurs pour combler les dettes du jeu. Là, c’est la révélation, puis on commence à remarquer les autres indices, stress, préoccupation, insomnies, troubles d’humeur et tous les symptômes qui accompagnent une réelle pathologie.

Les jeux d’argent deviennent une réelle menace à partir du moment où ils ne sont plus un divertissement ou un loisir qu’on pratique de temps à autre. Le sérieux de la situation est perceptible à partir du degré de dépendance au jeu, l’insolvabilité du sujet auprès des banques et organismes de crédit (interdit bancaire, dettes colossales) et les répercussions sur sa vie privée, familiale et professionnelle. La dépendance est incontrôlable et le cercle vicieux commence. Un ludopathe est reconnaissable à son impossibilité de s’arrêter au moment opportun, le jeu l’incite à jouer plus à s’endetter à négliger sa famille et sa situation financière de plus en plus critique dans l’espoir de gagner le prochain tour.

Un ludopathe est plus sujet à déprimer et à se suicider beaucoup plus que la tendance normale. Pour lui le jeu dépasse les limites et déborde même pour l’entrainer dans une spirale qui le pousse à tenter sa chance aux jeux alors qu’il n’a pas le sou, il doit emprunter encore et toujours pour jouer sans jamais rembourser soit qu’il n a pas les moyens soit lorsqu’il en dispose il ne peut se résoudre à ne pas rejouer encore une fois pour augmenter ses gains et lorsque la perte sonne le glas il n y peut plus rien.

Pour ce genre de personnes il faut une aide imminente, et un suivi dans le temps pour éviter les rechutes, car la tentation est toujours là qui lui démange les doigts et qui l’invite à tenter une dernière fois. Il faut dire qu’en France, on a ressenti le danger et on a intégré la problématique dans le plan de santé de prise en charge et de prévention des addictions (2007-2011) du ministère de la Santé afin de favoriser le dépistage et la prise en charge des joueurs en difficulté au sein des programmes de soins des centres d'addictologie. Plusieurs experts interviennent que ça soit des médecins généralistes, psychologues, travailleurs sociaux…pour apporter une aide signifiante aux problèmes du jeu pathologique, et le développement de thérapies brèves, qui pourraient améliorer l'accès aux soins. En fait la majorité des joueurs pathologiques pensent pouvoir s'en sortir seuls : d'après deux études épidémiologiques américaines, 7 à 12% des joueurs pathologiques ont cherché une aide auprès de professionnels ou d'associations de joueurs anonymes. On a même pensé à mettre en places un certain nombre d’outils tels que : la mise en place d'une ligne d'écoute nationale et diverses actions d'information notamment sur les sites de jeux de hasard et d'argent sur Internet. Bien sûr l'État se trouve dans une situation délicate entre la protection des citoyens et la promotion du jeu qui lui assure une bonne rente de plusieurs milliards d’euros.

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